måndag 17 april 2017

Epilogue

Tout le mystère n'est pas encore levé sur le destin d'Ulysse. Le sera-t-il un jour ?

Pourquoi braquer la lumière sur des personnes dont le souvenir s'est estompé, dont le nom s'est couvert de la grise poussière du temps qui fuit ?

Voici ce qu'avait dit Dieu à Moïse et que l'on peut lire au chapitre 20 de l'Exode, le deuxième livre de la Torah:

"car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième générations, pour ceux qui m'offensent;  et qui étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements".

Cette Parole nous dit que Dieu bénit et qu'Il maudit, que Sa bénédiction est infiniment plus vaste que Sa malédiction. Mais cette Parole nous dit aussi que Sa bénédiction, comme Sa malédiction, passe par les générations.

Dieu m'a donné une belle vie et combien je Lui en suis reconnaissant. Mais, quand je lis ce passage, je me rends compte que, sans doute, j'ai été béni AUSSI parce que j'ai eu des ancêtres au travers desquels Sa bénédiction est venue jusqu'à moi.

1000 générations. Il aura suffi qu'un seul de mes ancêtres à la millième génération ait été juste aux yeux de Dieu pour que cela bénisse ma vie. Et quand est-ce que vivaient donc mes ancêtres à la millième génération ? En comptant large, il y a une nouvelle génération tous les 30 ans. 1000 générations, cela fait environ 30 x 1000 = 30.000 ans ! N'est-ce pas vertigineux ? Nous sommes encore bénis par la vie d'ancêtres qui craignaient Dieu à l'époque où, croit-on, les hommes vivaient dans des cavernes.

Et combien cela ferait-il d'ancêtres à la millième génération ? Je n'ai pas fait le calcul. J'ai seulement cherché si quelqu'un l'avait fait à ma place:

10 7150860718 6267320948 4250490600 0181056140 4811705533 6074437503 8837035105 1124936122 4931983788 1569585812 7594672917 5531468251 8714528569 2314043598 4577574698 5748039345 6777482423 0985421074 6050623711 4187795418 2153046474 9835819412 6739876755 9165543946 0770629145 7119647768 6542167660 4298316526 2438683720 5668069376.


Ici, ce n'est même plus vertigineux. On reste sans mot. Ce chiffre est sans commune mesure avec le nombre de personnes qu'on estime avoir vécu sur terre depuis qu'il y a eu des êtres humains : 108 milliards environ. 108 000 000 000.

Le nombre théorique de mes ancêtres sur 1000 générations est sans commune mesure avec le petit nombre de personnes ayant effectivement vécu. Comment cela s'explique-t-il ? Eh bien, assez vite, au bout de 20 à 25 générations, on se rend compte que les branches convergent et que tous les gens vivant dans une certaine région sont parents. A une telle échelle, il suffit qu'une seule personne venant d'un pays ait épousé une personne venant d'un autre pays pour que, sur plusieurs générations, la totalité des gens ayant vécu dans ces pays aient été les ancêtres de leurs enfants.

A cette échelle, on se rend compte que, à l'époque où vivait Jésus, il ne devait pas y avoir beaucoup de Juifs dans la tribu de Juda qui ne descendissent pas de David. 1000 ans représentent environ 33 générations. Or, 2 puissance 33 donneraient plus de 8 millions et demi d'êtres humains et, bien sûr, la population de tout Israël n'était pas de cet ordre à l'époque où vivait Jésus.

Mais Exode 20 parle aussi de malédiction sur 3 à 4 générations. En fait, nous héritons les deux de nos ancêtres, des bénédictions que nous a values la justice de nos ancêtres jusqu'à 1000 générations avant nous, des malédictions consécutives à leurs égarements jusqu'à 4 générations. Et la génération d'Ulysse a eu une facture très lourde à payer. 

Derrière la laïcité de la loi de 1905 à bien des égards louables, car il n'est pas bon que les Eglises dépendent de l'Etat, des gens comme Emile Combes ou Georges Clémenceau voulaient en fait détacher la France du Dieu de la Bible. Je ne peux pas m'empêcher de voir un lien entre l'orgueil de cette époque où l'homme avait déjà commencé à faire de la science sa nouvelle religion, entre la rébellion contre le Dieu avec lequel un roi Franc avait conclu une alliance au nom de toute sa nation et le terrible châtiment, brisement, qu'aura constitué la guerre de 1914 - 1918. Ulysse a donc été l'un des nombreux Français dont l'existence a été balayée par la malédiction que l'impiété rebelle de la France avait appelée sur elle.

Cette génération a payé une facture de sang qui a permis à la mienne de vivre la paix et la réconciliation en Europe. Quelle bénédiction cela aura été sur ma vie. Quand je pense à la haine viscérale qu'avaient les Français du temps d'Ulysse contre les Allemands, les Autrichiens, les Hongrois et qu'ils auront été pour moi des collègues très chers, parfois des amis. Quel temps béni il m'a été permis de vivre. Combien j'en suis reconnaissant à Dieu ! Et je suis aussi reconnaissant pour tout ce que mes ancêtres ont porté pour que je puisse vivre cette bénédiction. 

 Merci Seigneur ; Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; mon Dieu !

fredag 14 april 2017

Ceux de Saint Loup

La femme de Louis Vilnat, l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père d'Ulysse, Etiennette Chereau, était née à Saint-Loup en 1648 où ses parents Claude Chereau et Catherine Tixier avaient aussi vu le jour:







Ceux de Saint-Père

L'arrière-grand-père de Madeleine Labaume, Pierre, était né le 1er mars 1700 à Saint-Père. Ce petit village les abritait depuis plusieurs générations, ainsi le père de Pierre Jean Labaume, ses grands-parents Charles Labaume et Suzanne Milleron, ses aïeux Jacques, né en 1615 sous Louis XIII et Claudine Guillaumat. Les parents de Jacques, Nicolas Labaume et Michelle Mercier, étaient nés à Saint-Père au XVIème siècle !







Ceux de Pougny

René Vilnat, père de Pierre Vilnat, était né en 1721 à Pougny, à une lieue de Cosne sur Loire, dans la Nièvre.

Les Vilnat y avaient fait souche depuis plusieurs générations. Ainsi le père de René, Nicolas, né en 1672 ; son grand-père Louis né en 1650, avant lui son aïeul Jacques né en 1609. Le plus ancien Vilnat de Pougny est Edme, né au XVIème siècle ainsi que sa femme Edmée Nault.

Voici des vues de Pougny.





Bannay 14 avril 2017

Sur l'autre rive de la Loire, face à Port-de-Bry, commence le děpartement du Cher avec le village de Bannay.





Cosne sur Loire 14 avril 2017














Ceux de Cosne

Le père d'Ulysse, Auguste Vilnat, était lui aussi artisan, cordonnier. Il était originaire de Cosne-sur-Loire, dans la Nièvre. Plus exactement, il était natif de Port-Aubry, jadis dit Port-de-Bry, un hameau au sud de Cosne immédiatement au bord de la Loire. Auguste y avait vu le jour le 8 juin 1856 et y avait épousé Madeleine Labaume.

Les Vilnat avaient demeuré dans ce hameau depuis plusieurs générations. Ainsi, le père d'Auguste y était né le 24 août 1813. Edme Vilnat était tisserand. Il était le fils de Jean Vilnat et de Marie Sajot. Jean était le fils de Pierre Vilnat, né au hameau en 1749 et marié à Madeleine Cassie. C'était le père de Pierre Vilnat, René Vilnat qui paraît avoir été le premier Vilnat à s'installer à Cosne.

Mais la femme d'Auguste Vilnat, Madeleine Labaume, était aussi originaire du hameau par ses parents Jean Labaume et Madeleine Batteau ainsi que par ses grands-parents Nicolas Labaume et Anne Sajot.

Voici des photographies du hameau et des bords de la Loire immédiats:













Thou

Ulysse Auguste naquit le 26 novembre 1884. Surprise, il avait 8 ans de moins que mon arrière-grand-mère. Leur liaison avait donc été originale à bien des égards.

Son père, Auguste, était d'une famille originaire denla Nièvre.

Auguste avait épousé Célinie Eléonore Bertheau le 7 avril 1883 à Thou. Elle y était née le 19 juillet 1856. Elle avait eu une soeur, Marie-Louise, née le 14 août 1859 à Thou. Mais leurs parents, François Bertheau et Emilie Cagnat, ne s'y étaient pas mariés et je perds leur trace. Il faut dire que François était menuisier et les artisans étaient plus facilement mobiles que les agriculteurs et les vignerons.

Je suis allé le 14 avril 2017 à Thou. J'ai scruté les vieilles tombes du cimetière mais n'ai trouvé aucune trace de mes aïeux.

Je me suis donc contenté de photographier l'église. Nos aïeux avaient presque toujours été baptisés dans l'église de leur village. Parfois, ils s'y étaient mariés. Parfois même, ils y avaient été accompagnés dans leur sépulture.







Introduction



Trouver Ulysse ne fut pas facile. Je ne dois qu'aux progrès d'internet d'avoir fini par le débusquer. J'avais entrepris des recherches aux archives de l'Yonne il y a vingt ans déjà. Mais rien n'aboutissait jamais. J'avais fini par croire que mon arrière-grand-mère d'Auxerre avait codé son identité.

Ce que la famille disait du père de mon grand-père maternel n'était guère volumineux. Il était originaire de la région de Saint-Fargeau. Il s'était marié à une femme qui avait sombré dans la folie. A l'époque, cela rendait un divorce impossible. Il était directeur d'une école normale. Il avait connu mon arrière-grand-mère, professeur à Auxerre, avant la première guerre mondiale. Deux personnes très férues de littérature, une liaison passionnelle mais sulfureuse à une époque et dans un milieu où l'honorabilité sociale était conditionnée par le respect de pesantes conventions, c'était une liaison dangereuse. C'est donc dans de mauvaises conditions que naquit mon grand-père Jean le 1er février 1914. Et, malheur suprême, son père Ulysse fut appelé sous les drapeaux dès l'été, à cause de la funestissime première guerre mondiale. Il y resta pendant toute la guerre, sous les drapeaux. Vu les circonstances, mon arrière-grand-mère avait placé mon grand-père en nourrice loin d'Auxerre, près de Paris. Depuis le front, Ulysse écrivit des lettres à mon arrière grand-mère. Mon grand-père garda sur lui jusqu'à sa mort l'une d'elles où Ulysse parlait de ses projets pour "notre petit Jean". La guerre se termina en 1918 mais Marie ne revit jamais Ulysse. Elle supposa qu'il avait été tué au combat, ce qui avait été le sort de tant d'Européens dans cette effroyable époque.

Il y a cinq ou six ans, certaines archives militaires avaient été mises en ligne, notamment les fichiers militaires concernant les soldats morts pour la France pendant la première guerre mondiale. J'avais trouvé trois Vilnat dont la vie fut ainsi tristement fauchée mais aucun Ulysse Vilnat.

Il y a trois ans, j'avais trouvé un document sur internet qui faisait état d'exploits militaires d'un Ulysse Vilnat en 1918. Etait-ce mon aïeul ? Etait-il encore vivant si près de la fin de cette guerre atroce ?






Ce document confirme qu'Ulysse n'était probablement pas mort pour la France mais son silence pourrait bien signifier qu'il avait été blessé au combat et le film "la chambre des officiers" donne bien une idée de ce que cela pouvait avoir de bien pire: des militaires défigurés se donnaient la mort, d'autres avaient perdu la raison, d'autres la vue, d'autres tous leurs membres. Après quatre années d'enfer, beaucoup  n'étaient plus que des hommes cassés, incapables de retrouver une activité à la hauteur de leurs talents dans la société.

Indicible horreur de cette ténébreuse monstruosité qu'on appelle guerre, sortie tout droit de la gueule de l'implacable dragon ennemi de l'homme.

Mais, finalement, voici un an, à la faveur de la mise en ligne d'archives d'état-civil par le département du Loiret, je trouve enfin un Ulysse Vilnat, né à Thou, une commune limitrophe de l'Yonne et de la Nièvre.




Voici sans doute pourquoi je n'avais jamais rien trouvé concernant un Ulysse Vilnat dans tant de communes de l'Yonne: mon aïeul avait dû naître juste derrière la "frontière" départementale.